Rotary club
Amboise

Un Amboisien su la Bérézina

30 janvier 2018

Alain Éblé sur les lieux où le général Éblé était chargé de construire des ponts pour la retraite. © Photo NR

Son aïeul était général d’empire, chargé des ponts sur la Bérézina. L’Amboisien Alain Eblé était à la commémoration de cette bataille.

Jean-Baptiste Eblé n’eut pas la tâche la plus facile. Établir des ponts sur une rivière dans une plaine marécageuse, en Biélorussie, alors que l’hiver est déjà là, ce n’est pas une sinécure ! Quand il s’agit de faire passer quelques milliers de soldats en un temps record, c’est un défi. Mais quand c’est Napoléon 1er en personne qui en donne l’ordre, alors on s’exécute !

Un souvenir entretenu en Biélorussie En cette fin novembre 1812, le général d’empire Eblé doit donc faire travailler ses 400 pontonniers pour que l’armée française, en déroute, traverse le fleuve. C’est la fameuse Bérézina qui laisse un tel souvenir amer chez les Français, qu’elle en devient une expression du langage courant.

Chaque année, à proximité de la petite ville de Borissov en Biélorussie, on commémore en commun ce qui fut une déroute pour les uns et une victoire pour les autres. Cette année, le général Eblé, qui mourut du typhus peu de temps après cette épopée, était dignement représenté pendant ces journées commémoratives. En effet, son descendant, Alain Eblé, architecte qui habite Amboise depuis un an et demi, a fait le déplacement pour assister à ces journées et découvrir l’endroit où son aïeul (il faut remonter à la sixième génération) eut la tâche de sauver la retraite de la Grande Armée.

Avec le centre d’étude napoléonien, dont il est adhérent, il a donc été reçu avec les égards dûs à son nom. La route, toujours en terre, et une vingtaine d’isbas en bois, donnent encore une idée du contexte, tout comme les bords du fleuve et la plaine avec ses marécages. C’est dans cet endroit que 4.000 reconstituteurs venus de toute l’Europe, se retrouvent pour simuler, avec le plus d’exactitude historique possible, les combats de cette époque. Parades, bivouacs, combats, charges à cheval et canonnades recréent l’atmosphère de l’époque. Alain Eblé a pu assister à ce spectacle étonnant et grandiose.

Pendant les 4 jours de ce voyage dans le temps, il a également visité les différents endroits marqués par le passage de l’Empereur et de ses troupes (le Chemin des clous, le Ruisseau de sang, le site des bivouacs), mais aussi les monuments érigés en commémoration de cet épisode historique, notamment ceux construits aux emplacements des ponts construits par les pontonniers de son illustre aïeul. Visite dans des musées, réceptions, cérémonie avec les ambassadeurs de France et de Russie et les autorités bélarusses, célébration du 20e anniversaire du monument français ont aussi marqué ce voyage. M.Eblé fut aussi reçu à la médiathèque française de Minsk.

Il ne reste à Alain Eblé qu’un portrait et un ordre de mission comme souvenir de cet aïeul, qui fut aussi baron d’empire et ministre de la guerre du duché de Westphalie. Demain, le 31 décembre, on célébrera le 205e anniversaire de la mort de ce général d’empire moins connu que les maréchaux, grand officier de la légion d’honneur, mais dont le nom est gravé sous l’arc de triomphe, et qui contribua à sauver la vie de nombreux grognards.